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Poursuite de l’étude sur le dénombrement et la distribution spatiale des couples nicheurs de la Barge à queue noire (Limosa l. limosa) dans les marais de Brière et du Brivet

Les Marais de Brière et du Brivet, et plus globalement les zones humides du Parc naturel régional de Brière, jouent un rôle important dans la reproduction, la migration et l’hivernage de la Barge à queue noire. Cette espèce est identifiée comme espèce à fort enjeu de conservation dans le Docob oiseaux du site Natura 2000. La population française de la sous-espèce continentale limosa, après avoir augmenté pendant plusieurs décennies, semble décliner depuis 2010. Cette tendance renforce l’importance de suivre l’évolution des populations locales.

Dans le cadre des actions d’acquisition de connaissances d’espèces à fort enjeu patrimonial du Docob « Oiseaux », pour répondre aux besoins d’améliorer la connaissance de la population de la Barge à queue noire sur les marais de Brière, et pour préciser les actions de conservation à mettre en œuvre de cette espèce, le Parc naturel régional de Brière a recruté une stagiaire de Master 1, Capucine Lebrun, au printemps 2016.

Les objectifs consistaient notamment à :

  • « Préciser la taille de la population reproductrice à l’échelle de la zone humide afin de suivre l’évolution des effectifs. »
  • « Déterminer les facteurs agissant sur la distribution spatiale de L. limosa en période de reproduction. Ce travail portait notamment sur la configuration du paysage afin de déterminer les secteurs les plus propices à sa nidification, ainsi que sur l’effet des pratiques agricoles et la pertinence des MAE en vigueur sur le territoire. »

Une année supplémentaire de suivis a eu lieu en 2017. Une stagiaire en Master 2, Alice Petit, a été recrutée pour six mois. Didier Montfort et Alain Troffigué (Groupe guifettes 44) assistaient le Parc Naturel Régional de Brière dans ces suivis. La distribution spatiale des couples a été étudiée en prospectant notamment les principaux secteurs de reproduction des limicoles . Des relevés de hauteur d’eau ainsi que de hauteur et densité de végétation ont également été menés sur plusieurs placettes. En complément de ces relevés d’habitat effectués en mai, une enquête auprès de plusieurs exploitants agricoles a été conduite en juin-juillet, de manière à mieux connaître les modalités de gestion agricole sous-jacentes (pratique agricole, chargement et durées de pâturage).

Trois profils de prairies ont pu être identifiés. Des différences de hauteur et de densité de végétation, ainsi que les gradients d’humidité liés aux variations topographiques du territoire, permettent de les caractériser. Ces profils ont été mis en relation avec les modalités de gestion agricole. Plusieurs facteurs favorables à l’installation de la Barge à queue noire pour la reproduction ont été identifiés :

  • Le pâturage respecte au minimum un chargement annuel de 0,2 UGB/ha/an.
  • Le couvert végétal est de 10 à 25 cm.
  • Les couverts très denses ou clairsemés semblent évités. Un couvert hétérogène en termes de hauteurs et de densités semble donc à privilégier.
  • Les trois quarts des couples nicheurs se situaient à moins de 100 m d’une surface en eau.
  • La quasi-totalité (95 %) des mailles (placettes ?) accueillant des barges étaient uniquement pâturées.

D’autres facteurs influençant l’installation des barges ont été empiriquement identifiés : philopatrie, colonialité avec d’autres espèces – Chevalier gambette et Vanneau huppé -, structure paysagère…

Le travail mené en 2017 sur la base de relevés in situ complète donc l’approche « macro » réalisée en 2016 et permet de confirmer les principaux facteurs influençant le choix du site de nidification pour la Barge à queue noire. Ce choix s’effectuerait donc notamment en fonction de l’intensité du pâturage, de la proximité de l’eau et de la hauteur de végétation. Ces conclusions complètent les résultats de l’étude menée en 2015 en Marais breton (Phelippon et Dulac, 2015), tout en allant plus loin grâce aux relevés des paramètres biologiques au sein des prairies.

Désormais, des questions se posent en termes de gestion, notamment via le dispositif MAEC, prépondérant pour le maintien du pâturage extensif. De plus, le fonctionnement de la population en Brière semble un peu différent de celui des autres sites, avec une installation plus échelonnée des couples nicheurs, qui questionne quant à l’origine des individus mais aussi aux différences en termes de typologie d’habitats. Un approfondissement serait nécessaire dans les années à venir à la fois pour mieux comprendre mais aussi mieux gérer.

 

Actions mises en œuvre : 1.1, 1.2, 1.3, 5.2.

Financements : Parc Naturel Régional de Brière (100 %)

Coût total du projet : 5 000,00 €.

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Sébastien Farau

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