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Etude pour une amélioration de la gestion printanière des zones humides chassées, sites potentiels ou avérés de reproduction de la Barge à queue noire, en Marais poitevin

En 2014, un recensement des plans d’eau à vocation cynégétique avait été réalisé en Marais poitevin. 196 mares avaient été identifiées pour 158 propriétaires. La FDC85 disposait de la déclaration cadastrale de la mare et de la prairie attenante. Une estimation du complexe « mare + prairie attenante » avait ainsi pu faite, concernant au total 942,63 ha. Ce chiffre était une estimation minimale : il n’était pas possible, sans prospection sur le terrain, d’estimer la taille des prairies humides à proximité de ces ensembles. Des constats empiriques faisaient état de propriétés importantes, allant de quelques hectares à plusieurs dizaines. Le potentiel de milieux humides gérés par les chasseurs est donc probablement plus conséquent que les presque 950,00 ha de référence. Cette surface, relativement importante, est à mettre en perspective avec d’autres sites du Marais poitevin gérés à des fins conservatoires (espaces naturels protégés type réserves, communaux…). Gérés en faveur de la Barge à queue noire, l’ensemble des propriétés des chasseurs augmenterait l’attractivité pour les individus nicheurs et/ou prénuptiaux.

Cependant, il n’était pas possible de mener un projet englobant de prime abord l’ensemble de ces milieux humides (sauf moyens exceptionnels). Un échantillon de vingt sites, semblant les plus favorables aux barges, a donc été sélectionné sur cinq communes . En travaillant à partir de cet échantillon, plusieurs objectifs étaient visés :

  • Evaluer le rôle potentiel de ces zones humides en Marais poitevin pour l’accueil de la Barge à queue noire en migration prénuptiale et en période de reproduction.
  • Réaliser un diagnostic agricole et hydraulique succinct pour chacun des sites suivis.
  • Préconiser des améliorations en termes de conservation et de gestion de l’eau, de chargement pour le pâturage ou de dates de fauche.

Des suivis ont été réalisés par décade de la mi-février à la mi-juin, pour couvrir le début de la migration prénuptiale, ainsi que la fin de la période de reproduction. L’année 2017 a été particulièrement sèche et les effectifs cumulés de barges stationnant sur les mares ont probablement été inférieurs à ceux observés les années antérieures (figure 10). Un pic a été observé à la première décade de mars, concomitant à celui constaté avec les suivis prénuptiaux réalisés dans le cadre des dénombrements des grands communaux.

Le suivi des nicheurs a permis de localiser cinq couples : deux d’entre eux étaient directement installés sur les sites suivis, tandis que les trois autres utilisaient les sites (notamment leurs mares) de façon complémentaire.

Un diagnostic sur les pratiques agricoles et la gestion hydraulique de chaque site a été mené, en rencontrant chaque propriétaire et/ou exploitant agricole (parfois les deux). Les calendriers de mises à l’herbe des bêtes, de fauche, de vidange ou au contraire de date limite de maintien de l’eau ont été réalisés. Des recommandations ont été données à chaque gestionnaire (conservation de l’eau, baisse du chargement ou contraire mise à l’herbe plus précoce des bovins…). Certaines d’entre elles ont pu être mises en place dès 2017, d’autres le seront en 2018. A ce titre, il est prévu une poursuite de l’action en 2018 pour l’accompagnement des propriétaires et le suivi de l’évolution des populations nicheuses.

Actions mises en œuvre : 1.2, 1.3, 1.4, 1.5, 3.3, 4.

Financements : Agence de l’Eau Loire-Bretagne (80,0 %), Fédération Départementale des Chasseurs de la Vendée (20,0 %).

Coût total du projet : 12 920,00 €.

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Sébastien Farau

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