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Dénombrement et distribution spatiale des couples nicheurs de Barge à queue noire Limosa limosa dans les marais de Brière et du Brivet

Dénombrement et distribution spatiale des couples nicheurs de Barge à queue noire Limosa limosa dans les marais de Brière et du Brivet

Les Marais de Brière et du Brivet, et plus globalement les zones humides du Parc naturel régional de Brière, jouent un rôle important dans la reproduction, la migration et l’hivernage de la Barge à queue noire. Cette espèce est identifiée comme espèce à fort enjeu de conservation dans le Docob oiseaux du site Natura 2000. La population française de la sous-espèce continentale limosa, après avoir augmenté pendant plusieurs décennies, semble décliner depuis 2010. Cette tendance renforce l’importance de suivre l’évolution des populations locales.

Dans le cadre des actions d’acquisition de connaissances d’espèces à fort enjeu patrimonial du Docob « Oiseaux », pour répondre aux besoins d’améliorer la connaissance de la population de la Barge à queue noire sur les marais de Brière, et pour préciser les actions de conservation à mettre en œuvre de cette espèce, le Parc naturel régional de Brière a recruté une stagiaire de Master 1 au printemps 2016.

Les objectifs consistaient notamment à :

  • « Préciser la taille de la population reproductrice à l’échelle de la zone humide afin de suivre l’évolution des effectifs. »
  • « Déterminer les facteurs agissant sur la distribution spatiale de limosa en période de reproduction. Ce travail portait notamment sur la configuration du paysage afin de déterminer les secteurs les plus propices à sa nidification, ainsi que sur l’effet des pratiques agricoles et la pertinence des MAE en vigueur sur le territoire. »

Des suivis par points d’observations ou d’écoute fixes ont été réalisés via des transects entre la mi-avril et la mi-mai avec l’aide du Groupe Guifettes de Loire-Atlantique. 16-17 couples probables et 2-3 couples nicheurs ont été détectés. Leur présence a été cartographiée et corrélée en fonction de plusieurs facteurs (environnementaux, anthropiques, liés à la gestion de la prairie) eux-mêmes discriminés en plusieurs variables (à titres d’exemples : distance à une surface en eau, distance aux haies et arbres, distance aux bâtis, surface de la maille concernée par des MAE, pratique agricole…). Deux zones distinctes ont été identifiées : une zone d’analyse complète (ZAc – ensemble du site d’étude comprenant les marais du Brière et du Brivet) et une zone d’analyse réduite (ZAr – prairies où sont localisées les couples de barges) (figure 1).

Figure 1 : Localisation des deux zones d’analyses de la distribution spatiale de la Barge à queue noire. La zone d’analyse complète (ZAc) correspond à l’ensemble des prairies inventoriées. La zone d’analyse réduite (ZAr) rassemble les prairies où la pression d’observation a été la plus forte.

Dans la ZAc, les premières conclusions montrent que la proximité d’arbres, de plans ou de surfaces en eau n’influencerait pas la distribution des individus. A l’inverse, l’altitude moyenne et l’écart-type de l’altitude (soit la topographie des prairies) et la présence de pâturage/fauche contribue de façon plus importante à la répartition des individus. Dans un second temps, si on ne s’attache qu’à la ZAr, le facteur le plus important serait la souscription de surface en MAE de niveau 2 (exploitation des prairies par fauche à partir du 11 juin, ou par pâturage ; interdiction de la fertilisation…).

Malgré des limites impondérables à toute étude (dans le cas présent, sous-estimation du nombre de couples, variation des niveaux d’eau et donc des cartographies, fidélité au site de reproduction…), la compilation des analyses amène à conclure que la distribution spatiale des barges nicheuses serait caractérisée par :

– Des altitudes faibles.

– Une topographie relativement plane des prairies (peu de variation de l’altitude)

– Un éloignement aux zones urbanisées (bâtis et chemins).

Enfin, l’installation des couples serait principalement dirigée vers les prairies pâturées extensivement. Afin d’améliorer la robustesse de ces résultats, une étude est reconduite en 2017 pour réduire le biais lié aux variations interannuelles.

Actions mises en œuvre : 1.1, 1.2, 1.3, 5.2.

Financements : Agence de l’eau Loire-Bretagne (80 %), Parc Naturel Régional de Brière (20 %)

Coût total du projet : 6850 €

     

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Sébastien Farau

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